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Traditions

l'âme corse


Les usages et superstitions qui rythment la vie quotidienne des corses sont nombreux et valent le détour. Depuis des siècles, mythes et croyances baignent le quotidien des habitants de l’île. Au cours des traditionnelles veillées, les anciens racontaient des histoires de sorcières, de lutins, de diable, mêlant étrange et merveilleux, mais aussi des récits véridiques concernant les bandits d’honneur, les invasions, les rivalités familiales… La tradition orale a permis que les contes et légendes qui font partie intégrante de la culture corse soient transmis de générations en générations. A travers ces différentes légendes qui confondent réalité et imaginaire, c’est l’âme corse qui ressort. Découvrez les traditions qui constituent une part importante du patrimoine des corses, et laissez-vous surprendre par ces instants de partage uniques...

us & coutumes


L'OCHJU

L’ochju, ou mauvais œil, est une croyance très ancienne en Corse. Différentes amulettes existent pour se protéger du mauvais œil : les cornes, le corail, l’œil de Sainte Lucie, le sel… Pour enlever l’ochju, il faut avoir recours à une «signatore» qui à force de prières et de rituels va en quelque sorte «exorciser» la personne concernée. Ce savoir se transmet pendant la nuit de Noël. Signer s’apprend, mais il s’agit avant tout d’un don qui n’est pas octroyé à tout le monde. Il faut véritablement y croire pour que ça marche. Le plus souvent, c’est la jalousie qui occasionne le mauvais œil. Les enfants et les personnes heureuses sont les plus vulnérables.

U CATENACCIU
Le Catenacciu est une tradition corse qui se déroule lors de la procession du Vendredi Saint. Le Catenacciu effectue un chemin de croix à travers la ville, ce qui symbolise la montée du Christ au calvaire. Le pénitent est vêtu d’une aube écarlate et d’une cagoule (seul le curé de la paroisse connaît son identité). Il porte une croix en chêne massif, des chaînes aux pieds, et doit tomber trois fois sur son chemin avant d’être symboliquement crucifié, à l’image du Christ. Il n’est pas de procession plus scrupuleusement respectée que celle-ci, occasion rêvée de s’immiscer dans les coutumes locales de l’île parmi des milliers de personnes venues assister à l’événement.

E CRUCETTE
A l’occasion du dimanche des rameaux beaucoup de corses brandissent leurs «crucette» (petites croix) afin de les faire bénir par le curé. Ces crucette sont ensuite gardées comme portes bonheur jusqu’à l’année suivante. Tous les ans, il faut brûler les anciens rameaux. Chacun les conserve à sa guise, accrochés au mur, dans un tiroir… Et il n’est pas rare de croiser des voitures avec des crucette accrochées au rétroviseur. Les crucette sont confectionnées avec des palmes prélevées dans le cœur du palmier. Il s’agit d’un savoir-faire qui se transmet de générations en générations. Le tressage va de la simple croix à des formes de rameaux plus compliquées (campanile, poissons…). Un morceau de branche d’olivier y est également accroché.


légendes

L'OEIL DE SAINTE LUCIE
Il s’agit de l’opercule d’un coquillage variant de 2mm à 3cm que l’on peut ramasser sur certaines plages. C’est au IVème siècle que naquit la légende de Sainte Lucie : une jeune fille de la noblesse Syracuse qui obtint la guérison miraculeuse de sa mère atteinte d’une maladie incurable à force de prières répétées à la Vierge Marie. Vouant un culte et une dévotion sans limites à cette dernière, elle s’arracha les yeux et les jeta à la mer pour ne pas être détournée de sa foi et éloigner ses prétendants. Toute entière tournée vers la prière, elle réalisa bon nombre de miracles. En réponse à cette dévotion, la Sainte Vierge lui rendit la vue et lui donna des yeux plus beaux et plus lumineux : «ochji belli e lucenti». L’opercule du coquillage nommé le «Turbo Rugueux» que l’on trouve sur les rivages méditerranéens symbolise les yeux de Sainte Lucie. En porter un éloigne, dit-on, le mauvais œil et favorise la chance. Il est à noter que l’on retrouve des variantes de ce symbolisme dans tout le bassin Méditerranéen et au-delà (notamment en Indonésie). En Corse «l’œil de Sainte Lucie» est considéré comme un porte-bonheur.

A BANDERA
Personne ne peut donner avec exactitude la véritable origine de la tête de maure, plusieurs légendes persistent. Un serviteur maure complotait contre le roi d’Aragon, mais un corse déjoua le complot en apportant sur un drap blanc la tête du maure. Le roi d’Aragon, reconnaissant, lui dit alors «ce drap sera désormais le drapeau de ton pays». Lors des invasions sarrasines, les corses empalaient la tête des maures gradés, reconnaissables à leur bandeau blanc autour du front. Brandissant leurs trophées lors des batailles, les corses prenaient le dessus psychologique sur leurs assaillants. Historiquement certaines choses sont sures, ainsi on sait que la tête de maure dont le bandeau recouvrait les yeux est d’origine Aragonaise, sa relation avec les armoiries de la Corse remonte à 1297 lorsque le pape Boniface VIII donna la gestion de la Corse et de la Sardaigne au roi d’Aragon. Aragon ne régna pas sur la Corse mais il donna ses armoiries à la Sardaigne (croix rouge entourée de 4 têtes de maure sur fond blanc). En 1736 lorsque Théodore de Neuhoff devint roi corse, il adopta la tête de maure dans son blason, à cette époque la tête était tournée vers la droite. En 1745 lorsque Ghjuvan Petru Gaffori se lança à l’assaut de la citadelle de Bastia assiégée par les génois, il adopta ce drapeau. Il fit relever le bandeau car «la Corse a ouvert les yeux». En 1760 Pasquale Paoli officialisa le choix de Gaffori. Il fit supprimer les bijoux sur la tête de maure et la fit tourner vers la gauche. En 1762 la Cunsulta di Corti adopta la tête de maure dans les armes de la Corse.

I MAZZERI
Le Mazzeru est un sorcier qui prédit la mort d’un être humain en tuant pendant ses rêves la première bête sauvage qu’il croise. Une fois que l’animal est mort, il le retourne sur le dos et voit alors apparaître le visage de la personne de son entourage qui va mourir prochainement. Sa durée de vie ne pourra pas dépasser un an. Le Mazzeru n’est pas considéré comme un être méchant mais plutôt étrange et mystérieux puisqu’il tue contre sa volonté durant ses rêves.